EBOLA : LA REPONSE DE LA FRANCE

1 - SOUTIEN A LA GUINÉE

FORMATION

Afin de faciliter l’engagement de personnels soignants internationaux ou locaux dans les pays touchés par l’épidémie, la France ouvre deux centres de formation, l’un en France pour les personnels expatriés, soignants et non soignants, l’autre en Guinée pour les personnels guinéens et de la sous-région.

Centre de formation en France
La formation dispensée en France vise à former le personnel français ou international ayant vocation à occuper des fonctions d’encadrement au sein des centres de traitement Ebola en Guinée (CTE). Le personnel stagiaire est composé de deux catégories : le personnel soignant (médecins et infirmiers) et le personnel en charge de l’hygiène et de la logistique (administrateur, logisticien, responsable sécurité, superviseur hygiène).
La capacité de formation du centre est de 30 personnes par session de cinq jours. Jusqu’à trois sessions par mois peuvent être organisées sur le site installé au sein de l’unité de sécurité civile à Nogent-le-Rotrou (150 kilomètres à l’ouest de Paris). Les premières formations ont débuté le 24 novembre 2014. Ces formations sont ouvertes aux partenaires internationaux (sessions en français ou en anglais). Une centaine de personnels de santé devraient avoir été formés d’ici la fin de l’année.

Centre de formation en Guinée
S’agissant de la Guinée, le site de Manéah (banlieue de Conakry) formera, entre la mi-décembre et janvier 2015, 140 personnels soignants guinéens qui seront ensuite déployés dans des centres de traitement Ebola. À partir de janvier, ce centre offre une capacité de prise en charge de 25 stagiaires par semaine. Les formations seront assurées par le Service de santé des armées guinéen, soutenu par le Service de santé des armées du ministère français de la Défense. Ce centre pourra accueillir des stagiaires des pays voisins.
Une mission de la Sécurité civile de trente personnes, sur place depuis le 12 novembre, met en oeuvre ce projet.

CENTRES DE TRAITEMENT EBOLA (CTE)

La France participe à la mise en place de quatre centres de traitement en Guinée, dont trois en Guinée forestière, où les taux de contagion et de létalité de la maladie sont les plus élevés. Ces centres, en plus de permettre la prise en charge des patients, réalisent des actions en direction des communautés : crèches, sensibilisation information, soutien psychologique, accompagnement pour des enterrements dignes et sécurisés.

Macenta

Le centre de traitement a accueilli ses premiers patients le 18 novembre. D’une capacité de 50 lits, il est géré par la Croix-Rouge française avec un fort soutien financier (11 millions d’euros), humain (personnels de santé des hôpitaux français et laboratoire de l’Institut Pasteur) et logistique (sécurité, mécanisme d’évacuation sanitaire) de l’État.

Kérouané

Le centre de Kérouané est construit par le Programme alimentaire mondial (PAM). La France finance son équipement, une partie de son fonctionnement et la mise en place d’un laboratoire (équipements et ressources humaines). Il sera géré par la Croix-Rouge française. Son ouverture est prévue pour courant décembre 2014.

Beyla

Le soutien de la France sera identique à celui fourni pour Kérouané. L’ONG française WAHA assurera la gestion du centre à partir de fin décembre.

Forecariah

La France transforme un centre de transit existant à Forecariah en centre de traitement de 20 lits. Il sera géré par la Croix-Rouge française et les autorités guinéennes. Son ouverture est prévue pour la mi-décembre.

CENTRE DE TRAITEMENT DEDIE AUX PERSONNELS GUINEENS ET INTERNATIONAUX PARTICIPANT A LA LUTTE CONTRE EBOLA

La France ouvre, à Conakry, à la mi-décembre, une structure hospitalière pour les personnels guinéens et internationaux participant à la lutte contre l’épidémie. Cette structure sera opérationnelle d’ici la fin décembre et sera entièrement gérée par une équipe du ministère de la Défense (Service de Santé des Armées) composée de 130 à 160 personnes, dont 80 personnels de santé.

ÉVACUATION ET PRISE EN CHARGE DES PERSONNELS INTERNATIONAUX IMPLIQUES DANS LA REPONSE A EBOLA

La France garantit une prise en charge des personnels internationaux qui luttent contre l’épidémie sur le terrain (cf. infra).

ROLE DE LA FRANCE DANS LA COORDINATION INTERNATIONALE DE L’AIDE ET APPUI A LA COORDINATION NATIONALE GUINEENNE

La France assure, en soutien de la coordination nationale guinéenne, l’interface entre les acteurs de la communauté internationale et les autorités guinéennes. Une équipe dédiée :

  • appuie le coordonnateur guinéen, auprès duquel un médecin français a été placé ;
  • assure la liaison avec la Mission des Nations unies pour l’action d’urgence contre Ebola (MINUAUCE), l’Union européenne et les autres acteurs ;
  • contribue à faciliter la relation avec les échelons locaux (remontées d’informations).
    Cette équipe placée auprès de l’ambassade de France en Guinée inclut notamment un diplomate, plusieurs experts de santé et un logisticien. Elle agit en étroite coordination avec la Délégation de l’Union européenne à Conakry et les partenaires internationaux, notamment les Nations unies. À ce titre, la France finance la mise en place d’une capacité aérienne pour les vols intérieurs. Cette capacité sera disponible prioritairement pour les évacuations sanitaires, et également mobilisable pour l’acheminement de fret et de personnels. Elle sera proposée à l’ensemble des organisations intervenant en Guinée, dans la limite des heures de vol disponibles.

AUTRES MESURES

Aide à la création d’un Institut Pasteur de Guinée
Ce projet est financé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 4 millions d’euros. Il consiste à mettre en place en Guinée :

  • des laboratoires équipés selon des normes internationales permettant des capacités de diagnostic permanentes ;
  • des ressources humaines formées pour appuyer, tant sur le plan local que régional, les acteurs dans la lutte contre les maladies infectieuses et les fièvres hémorragiques virales.
    Dans le cadre de ce projet, deux unités de recherche et un laboratoire seront créés dès 2015 (domaines couverts : virologie et entomologie).

Soutien aux autorités guinéennes
Contrôles sanitaires à l’aéroport de Conakry : des équipes médicales françaises renforcent depuis le 6 novembre les autorités locales pour les contrôles aéroportuaires, en partenariat avec les équipes du CDC d’Atlanta.

Formation de la protection civile guinéenne  : trente formateurs de la Sécurité civile française sont déployés auprès des équipes de la protection civile guinéenne pour former 200 personnes à la gestion des crises majeures, en particulier la maladie à virus Ebola (décontamination, sensibilisation, enterrements sécurisés, etc.).

Renforcement du système de santé  : l’Agence française de développement finance à hauteur de 10 millions d’euros, sur trois ans, un projet de coopération en partenariat avec l’Union européenne et le ministère de la Santé guinéen pour renforcer des structures de santé en Guinée forestière (soins de prévention, soins mère-enfant). Une partie de ces actions a été réorientée vers la lutte contre l’épidémie Ebola.

2 - RENFORCEMENT DES CAPACITES DE LUTTE CONTRE EBOLA DANS LA SOUS-REGION

Les actions en appui au Mali

Renforcement de la coordination nationale malienne : un expert médical et un épidémiologiste du Service de santé des armées du ministère de la Défense sont mis à disposition du coordonnateur national malien de la réponse à l’épidémie..
Renforcement des contrôles aéroportuaires : quatre personnels de santé français sont présents depuis le 15 novembre pour faciliter ces contrôles au départ de Bamako.
Évaluation des structures sanitaires maliennes : une équipe de quatre experts est sur place, depuis le 21 novembre, pour évaluer, en concertation avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les acteurs gouvernementaux sur place, la capacité des structures sanitaires maliennes à prendre en charge les cas Ebola.
Évacuation sanitaire  : activation en cas de nécessité, en accord avec nos partenaires européens, du dispositif européen d’évacuation mis en place au bénéfice des personnels soignants internationaux qui seraient contaminés par Ebola.

Contribution financière au plan de riposte Ebola de la Côte d’Ivoire (9,15 millions d’euros)
Appui à l’Institut national d’hygiène publique (INHP) pour des actions de formation du personnel de santé, à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (surveillance épidémiologique) et à la nouvelle pharmacie de santé publique (achat d’équipement et de protection individuelle).

Contribution financière au plan de riposte Ebola du Cameroun (400 000 euros)
Renforcement des capacités nationales dans le secteur de l’hygiène hospitalière.

Contribution financière au plan de riposte Ebola du Libéria (3,9 millions d’euros)
Renforcement des capacités sanitaires nationales dans la lutte contre Ebola.

Action de plus long terme, en faveur de la consolidation des systèmes de santé des pays d’Afrique de l’Ouest :
Renforcement des laboratoires  : le projet RESAO-LAB+ (réseau d’Afrique de l’Ouest des laboratoires d’analyse biomédicale), cofinancé à hauteur de 5 millions d’euros par l’Agence française de développement (AFD), est mis en oeuvre par la Fondation Mérieux dans 7 pays (Bénin, Burkina Faso, Guinée, Mali, Niger,Sénégal, Togo). Ce projet permet de renforcer les capacités de diagnostic de l’infection à Ebola.
« Initiative 5 % » mise en oeuvre par France Expertise Internationale : la France finance à hauteur de 1,2 million d’euros des activités visant à soutenir la continuité des soins VIH, tuberculose, paludisme, dans le contexte d’épidémie Ebola.

3 - ACTION MULTILATERALE

La France contribue au mécanisme européen de prise en charge des personnels humanitaires internationaux (avec un volet évacuation/hospitalisation sur le territoire européen, cf. supra).
La France soutient la création d’un corps de «  casques blancs », réserve d’experts médicaux européens, mobilisables de manière coordonnée face aux crises sanitaires.
La France a déployé des experts auprès des équipes des Nations unies (1 expert à New York ; 1 expert à Accra) et de la Commission européenne (1 expert à Bruxelles).

4 - RECHERCHE MEDICALE

Détection de la présence du virus : grâce à l’INSERM et à l’Institut Pasteur, la France s’est mobilisée dès le début de l’épidémie, à partir de mars 2014, pour diagnostiquer la présence du virus dans les premiers échantillons en provenance de la Guinée forestière.
Recherche : la France et ses instituts de recherche contribuent à la recherche sur Ebola en Afrique de l’Ouest, ainsi qu’à la formation des chercheurs africains.

  • L’Alliance de recherche AVIESAN est en charge de l’organisation de la réponse de la recherche française sur l’émergence de nouvelles maladies infectieuses.
  • L’INSERM coordonne les initiatives de recherche et dispose d’un budget de 3,7 millions d’euros dédié à des projets de recherche thérapeutique sur la maladie à virus Ebola.
  • L’IMMI (Institut de microbiologie des maladies infectieuses) et AVIESAN participent aux différents groupes de travail de l’OMS sur la coordination des recherches scientifiques, l’utilisation de plasma de convalescents et les opérations de contrôle de l’épidémie.
    Diagnostics : sur le plan opérationnel, trois laboratoires sont déjà déployés en Guinée avec l’aide de la France. L’installation d’un quatrième laboratoire est prévue en 2015.
Financement du plan de réponse

1. En 2014 et 2015, la France contribue, par ses actions bilatérales, à hauteur de 110 millions d’euros à la lutte contre Ebola.
2. La contribution française se répartit pour 80 % en subventions, 12 % en logistique (transport, fret, etc.) et 8 % en mise à disposition de personnels français.
Notre action se décline de la façon suivante :

  • en Guinée : le plan d’action mis en place par la France, dans le rôle de coordination qui lui a été dévolu s’élève à plus de 85 millions d’euros consacrés au dépistage, à la prise en charge des personnes malades, à la formation des personnels et au renforcement du système de santé guinéen ;
  • dans les pays de la sous-région  : plus de 20 millions d’euros versés par la France pour le financement des plans de riposte du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Libéria et du Cameroun ;
  • au niveau international  : près de 5 millions d’euros alloués par la France pour le financement de projets de recherche et pour la réponse globale en soutien à l’OMS, au PAM et à la MINUAUCE (UNMEER).
    3. Le besoin de financement pour accompagner dans la durée le fonctionnement des centres de traitement s’élève à plus de 30 millions d’euros sur l’exercice 2015, dont principalement :
  • 10 millions d’euros pour financer le centre de traitement des soignants à Conakry
  • 20 millions d’euros pour gérer les centres de traitement de Beyla et de Kérouané. Les contributions susceptibles d’être apportées par nos partenaires peuvent être financières, mais aussi matérielles ou humaines. Elles visent à aider au fonctionnement de ces centres de traitement, en termes de :
  • ressources humaines médicales et de support,
  • renouvellement des équipements,  achat de médicaments et de matériel de diagnostic,
  • renouvellement de matériel logistique.
    4. À ce jour, près de 155 personnels français ont été mobilisés lors de différentes missions en Guinée dont 57 personnels de santé, 66 de la Sécurité civile et 32 du ministère de la Défense./.

Dernière modification : 09/12/2014

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